
Un rachat de crédit immobilier devient réellement rentable lorsque les économies procurées par le nouveau financement dépassent l’ensemble des frais nécessaires pour remplacer le prêt existant. Une baisse du taux d’intérêt ne suffit donc pas : le capital restant dû, les mensualités futures, la durée résiduelle et le coût de l’assurance emprunteur déterminent le résultat économique de l’opération.
Un propriétaire ayant souscrit son prêt lorsque les taux étaient élevés peut envisager de le transférer vers une banque concurrente. Mais une différence de taux attractive peut masquer des indemnités de remboursement anticipé, une nouvelle garantie coûteuse ou un allongement de la période de remboursement.
La bonne méthode consiste à comparer deux scénarios financiers complets : conserver son crédit actuel jusqu’à son terme ou le remplacer par un nouveau financement. Cette comparaison doit porter sur les dépenses futures réellement évitables, et non sur les intérêts déjà versés.
Les règles juridiques présentées ci-dessous concernent principalement la France. Les plafonds d’indemnisation, les garanties et les modalités contractuelles doivent être vérifiés séparément dans les autres pays francophones.
Rachat immobilier : les trois critères décisifs
- Un capital restant dû important et une durée de remboursement encore longue augmentent généralement le potentiel d’économie.
- Le gain réel correspond à la différence entre les coûts futurs des deux financements, après prise en compte de tous les frais et de l’assurance.
- Une renégociation avec la banque actuelle peut être préférable à un rachat externe si elle permet de réduire le taux avec moins de frais.
- Pourquoi un rachat de prêt perd-il de sa rentabilité en fin de remboursement ?
- Comment calculer le gain net réel d’un rachat après tous les frais ?
- Renégociation interne ou rachat externe : quelle solution privilégier ?
- Indemnités de remboursement anticipé et nouvelle garantie : les pièges d’un rachat immobilier
- À quel moment du prêt demander un rachat pour maximiser les économies ?
- Comment obtenir un décompte de remboursement anticipé de sa banque ?
- Pourquoi un taux réduit ne suffit pas à rendre une nouvelle offre avantageuse ?
- Quelles conditions de financement négocier pour améliorer un crédit immobilier existant ?
Pourquoi un rachat de prêt perd-il de sa rentabilité en fin de remboursement ?
Un rachat immobilier devient généralement moins rentable à mesure que le prêt approche de son terme, car les intérêts restant à payer diminuent. Dans un crédit amortissable classique à mensualités constantes, la part du capital remboursé augmente progressivement. Remplacer le financement tardivement laisse donc moins d’intérêts à économiser, tandis que les frais du rachat restent à supporter.
Dans un prêt immobilier amortissable à taux fixe, chaque mensualité comprend une part de remboursement du capital et une part d’intérêts. Les intérêts de chaque période sont calculés sur le capital encore dû. Leur montant diminue donc au fil des remboursements, à taux inchangé.
Ce mécanisme explique pourquoi deux emprunteurs bénéficiant d’une même diminution de taux peuvent réaliser des économies très différentes. Celui qui doit encore rembourser un capital important pendant de nombreuses années possède généralement un potentiel d’économie supérieur à celui dont le crédit arrive bientôt à échéance.
Il faut toutefois distinguer la proportion des intérêts dans chaque mensualité et leur montant total restant à payer. Ce dernier dépend également de la durée résiduelle, du taux appliqué et des modalités d’amortissement.
Pour évaluer rapidement l’intérêt d’une opération, commencez par relever trois informations sur votre tableau d’amortissement :
- Le capital restant dû à la date envisagée pour le rachat.
- Le nombre de mensualités encore à payer.
- La somme des intérêts futurs figurant dans l’échéancier.
Le troisième indicateur constitue une première limite économique : une réduction de taux ne peut pas permettre d’économiser davantage d’intérêts que ceux qui restent effectivement dus sur l’ancien financement, à durée comparable et hors autres changements contractuels.
Une attention particulière s’impose pour les prêts à paliers, les crédits modulables ou les montages associant plusieurs lignes de financement. Leur calendrier de remboursement peut différer sensiblement de celui d’un prêt classique. Une lecture du seul taux nominal risque alors de produire une estimation trompeuse.
Le ministère français de l’Économie rappelle, dans sa fiche sur la renégociation et le rachat d’un crédit immobilier, que le capital restant dû, la durée restante, l’écart de taux et les frais doivent être examinés conjointement.
Une durée résiduelle courte ne rend pas systématiquement le rachat inutile. Elle impose simplement une réduction de coût suffisante pour amortir les dépenses de changement de banque sur une période plus limitée.
Comment calculer le gain net réel d’un rachat après tous les frais ?
Le gain net d’un rachat immobilier se calcule en comparant les dépenses futures du prêt actuel avec celles du nouveau financement, frais compris. À durée restante identique et pour un même capital remboursé, il correspond principalement aux intérêts et aux cotisations d’assurance économisés, diminués des indemnités, frais bancaires, garanties et autres coûts de l’opération.
La première étape consiste à établir le coût futur du crédit conservé. Additionnez les mensualités restant à payer, en distinguant le capital, les intérêts et l’assurance. Le capital restant dû est commun aux deux scénarios : il ne constitue pas, en lui-même, une économie.
Calculez ensuite les dépenses liées au nouveau prêt, en intégrant ses intérêts, son assurance et l’ensemble des frais nécessaires au remplacement de l’ancien contrat.
Pour une comparaison simplifiée sur une même durée, le calcul peut s’écrire :
Gain net = intérêts futurs évités + économies futures d’assurance − intérêts du nouveau prêt − nouvelle assurance − frais du rachat, en ajustant le calcul pour ne comptabiliser chaque coût qu’une seule fois.
Les frais du rachat comprennent, selon le dossier, les indemnités de remboursement anticipé, les frais de dossier, les honoraires de courtage, les frais de mainlevée et le coût de la nouvelle caution ou hypothèque. Il faut également intégrer les éventuels coûts de transition entre les deux financements.
Le cas hypothétique suivant illustre la distinction entre économie brute et rentabilité effective. Les montants sont purement pédagogiques et ne correspondent à aucune offre bancaire réelle.
Exemple hypothétique : une économie brute qui ne suffit pas
Un emprunteur doit encore payer 24 000 € d’intérêts sur son prêt actuel. Un nouveau financement de même durée ferait baisser les intérêts futurs à 15 000 €. L’économie brute d’intérêts serait de 9 000 €.
Supposons 2 000 € d’indemnités de remboursement anticipé, 2 500 € de frais de garantie, 1 000 € de frais de dossier et 500 € de courtage. Le total des frais atteindrait 6 000 €.
Le gain net serait alors de 3 000 €, à condition que les assurances présentent un coût identique et qu’aucun autre coût ne s’ajoute. Si la nouvelle assurance coûte 4 000 € de plus sur la période, le résultat devient négatif : l’opération entraînerait une dépense supplémentaire de 1 000 €.
Si le nouveau crédit allonge la durée de remboursement, la comparaison demande davantage de précautions. Une mensualité inférieure peut améliorer immédiatement le budget du ménage tout en augmentant le montant cumulé des intérêts. Dans ce cas, comparez les flux financiers jusqu’à l’extinction effective de chaque prêt.
Une analyse plus approfondie peut également actualiser les flux de trésorerie à une date commune. Elle permet de tenir compte du moment où les frais sont payés et où les économies apparaissent, sans confondre gain nominal cumulé et avantage financier actualisé.
Calculer la rentabilité de votre rachat en cinq vérifications
- Récupérez votre tableau d’amortissement et inscrivez le capital restant dû, les intérêts futurs et les mensualités restantes dans un tableau récapitulatif.
- Demandez une offre concurrente chiffrée indiquant le nouveau taux, la durée, l’assurance et les échéances : conservez la simulation écrite.
- Faites préciser chaque indemnité et chaque frais de changement de financement : établissez un relevé unique des dépenses initiales.
- Calculez les dépenses totales des deux scénarios, assurance comprise, puis inscrivez le gain ou la perte nette dans votre tableau comparatif.
- Vérifiez le résultat avec une durée identique, puis avec la durée réellement proposée : conservez les deux résultats datés avant de décider.
Un rachat n’est financièrement justifié que si l’avantage obtenu compense les coûts du changement, compte tenu du calendrier réel des remboursements et de votre objectif : réduire le coût total, alléger la mensualité ou raccourcir la durée.
Renégociation interne ou rachat externe : quelle solution privilégier ?
La renégociation avec votre banque actuelle est généralement la première solution à examiner, car elle peut réduire le taux sans remplacer entièrement le prêt ni supporter tous les frais d’un rachat externe. Un concurrent devient préférable lorsque sa proposition procure un gain net supérieur, après prise en compte des indemnités, garanties et conditions d’assurance.
Trois opérations doivent être distinguées. La renégociation interne modifie certaines conditions du crédit existant, généralement par un avenant. Le rachat externe rembourse l’ancien financement grâce à un nouveau prêt souscrit auprès d’un autre établissement. Enfin, le regroupement de crédits peut réunir plusieurs dettes dans une opération unique, avec des objectifs et des coûts différents.
La banque actuelle n’est pas tenue d’accepter une baisse du taux. Elle peut toutefois proposer un geste commercial pour conserver un client présentant un historique de remboursement solide.
La comparaison des deux solutions doit porter sur des conditions équivalentes :
| Critère | Renégociation interne | Rachat externe |
|---|---|---|
| Établissement prêteur | Banque actuelle | Nouvelle banque |
| Formalisation | Avenant au contrat | Nouveau contrat de crédit |
| Indemnités de remboursement anticipé | Pas de remboursement externe dans une simple renégociation | Possibles selon le contrat et la réglementation |
| Garantie | Maintien possible, sous réserve des modifications convenues | Nouvelle garantie généralement à prévoir |
| Frais bancaires | Frais d’avenant ou de dossier éventuels | Frais de dossier et éventuellement de courtage |
| Principal avantage | Moins de formalités et de frais potentiels | Accès à une offre concurrente potentiellement plus favorable |
Une stratégie consiste à solliciter d’abord une proposition de sa banque, puis à obtenir une ou plusieurs simulations externes. Une offre concurrente chiffrée apporte un argument concret pour discuter du taux, mais aussi des frais annexes.
En France, une renégociation acceptée donne lieu à un avenant. Pour un crédit à taux fixe, celui-ci comporte notamment un échéancier et les informations relatives au coût futur du crédit. Un délai de réflexion de dix jours s’applique avant son acceptation.
La différence de taux n’est pas le seul élément d’arbitrage. Une banque qui propose une baisse légèrement inférieure peut rester plus avantageuse si elle évite une nouvelle garantie coûteuse ou des indemnités de remboursement.
La meilleure proposition est celle qui satisfait votre objectif financier avec le coût global le plus favorable, et non nécessairement celle qui affiche le taux nominal le plus bas.
Indemnités de remboursement anticipé et nouvelle garantie : les pièges d’un rachat immobilier
Les indemnités de remboursement anticipé et les frais de garantie peuvent absorber une part importante des économies attendues d’un rachat immobilier. En France, les indemnités sont encadrées par la réglementation, mais leur application dépend du contrat et de la situation. Le remplacement de la garantie, l’assurance emprunteur et les formalités de remboursement doivent également être évalués avant tout engagement.
Pour les crédits immobiliers concernés par le régime français, les indemnités de remboursement anticipé contractuellement prévues sont plafonnées à la fois à six mois d’intérêts sur le capital remboursé, au taux moyen du prêt, et à 3 % du capital restant dû avant remboursement. Le montant ne peut dépasser le plus faible de ces deux plafonds.
6 mois d’intérêts ou 3 % du capital restant dû
Plafonds cumulativement applicables aux indemnités de remboursement anticipé des crédits immobiliers relevant du régime français concerné. Certaines particularités existent, notamment pour des prêts à taux variable.
Référence : fiche Service Public sur le remboursement anticipé d’un crédit immobilier.
Les exonérations doivent être examinées avec précision. Pour certains contrats relevant des dispositions françaises, des situations comme la vente du logement liée à un changement de lieu de travail, à une cessation forcée d’activité ou à un décès peuvent ouvrir droit à une exonération. Ces cas ne signifient pas qu’un rachat bancaire ordinaire bénéficie automatiquement de la même dispense.
Il faut également lire les clauses particulières du contrat. Certaines offres peuvent prévoir des conditions plus favorables que le plafond légal.
La garantie représente un autre poste important. Un nouveau prêteur peut demander une caution ou une hypothèque. Lorsque l’ancien crédit est garanti par une hypothèque, une mainlevée peut être nécessaire pour permettre le remplacement du financement.
La fiche Service Public consacrée à la mainlevée d’hypothèque précise qu’en cas d’accord avec le créancier, cette formalité passe par un acte notarié dont les frais sont supportés par l’emprunteur.
Une hypothèque existante ne doit donc pas être considérée comme automatiquement transférable au nouvel établissement. À l’inverse, une mainlevée n’est pas systématiquement nécessaire dans toutes les situations : la nature de la garantie et les conditions de son extinction doivent être contrôlées.
Autre vigilance : la banque racheteuse peut proposer son assurance groupe, mais l’emprunteur dispose en France de la possibilité de choisir une assurance externe respectant l’équivalence des garanties exigées. Le coût réel de cette couverture doit figurer dans la comparaison.
Enfin, le calendrier de l’opération peut entraîner des coûts supplémentaires. Les intérêts courus jusqu’au remboursement effectif, les dates de déblocage des fonds et les formalités de garantie doivent être coordonnés. Un remboursement intervenant à une date différente de l’échéance habituelle peut notamment générer des intérêts intercalaires.
Ces charges doivent être établies à partir de documents bancaires et, si nécessaire, notariaux. Une estimation approximative peut suffire pour une première simulation, mais pas pour valider la rentabilité définitive.
À quel moment du prêt demander un rachat pour maximiser les économies ?
Le moment le plus favorable pour demander un rachat se situe généralement lorsque le capital restant dû et la durée résiduelle sont encore importants, et que les nouvelles conditions de marché permettent de réduire sensiblement les intérêts futurs. Il n’existe toutefois pas de date universelle : une opération plus tardive peut rester rentable si les économies dépassent les frais.
Le premier tiers de remboursement est souvent considéré comme une période intéressante pour examiner un rachat immobilier amortissable classique. Cette indication reste un repère pratique, et non un seuil garantissant une économie.
Le véritable déclencheur est la combinaison entre la structure du prêt et les conditions accessibles à l’emprunteur. Une diminution des taux de marché peut ouvrir une opportunité, mais encore faut-il que le profil du ménage permette d’obtenir effectivement l’offre envisagée.
Les institutions françaises évoquent parfois un écart d’environ 0,7 à 1 point de taux comme repère pour étudier une opération. Cet écart ne constitue ni une condition obligatoire ni une preuve de rentabilité. Il doit être confronté au capital, à la durée restante et aux frais.
Pour identifier le bon moment, une méthode consiste à actualiser régulièrement trois éléments :
- Le tableau d’amortissement et le capital restant dû.
- Les propositions de taux réellement accessibles pour un financement comparable.
- Le montant actualisé des frais de sortie et des frais d’entrée dans le nouveau prêt.
Une réévaluation annuelle peut être pertinente, tout comme une nouvelle simulation à l’occasion d’une évolution notable des taux. L’objectif n’est pas de multiplier les démarches, mais de repérer les situations où le gain potentiel devient suffisamment important.
Certains événements personnels peuvent aussi modifier l’intérêt du rachat. Une progression des revenus, une amélioration du profil bancaire ou un changement dans la composition du patrimoine peut influencer les conditions proposées.
Pour un prêt à taux variable, l’approche d’une date de révision mérite une analyse particulière. De même, un projet de travaux peut conduire à étudier un financement combiné. Il faut cependant comparer ce montage avec un financement séparé, afin de ne pas attribuer artificiellement au rachat des économies provenant d’une autre opération.
Une occasion de réduire le taux ne disparaît pas nécessairement à une date précise. En revanche, lorsque les intérêts résiduels diminuent, les frais fixes du changement de banque pèsent proportionnellement davantage dans le calcul.
Comment obtenir un décompte de remboursement anticipé de sa banque ?
Pour obtenir un décompte de remboursement anticipé, adressez une demande écrite à votre banque en précisant le prêt concerné et la date envisagée pour son remboursement total. Ce document permet de connaître le montant à régler, notamment le capital restant dû, les intérêts courus et les éventuelles indemnités. Il constitue une base indispensable pour comparer une offre concurrente.
La demande peut être transmise par les moyens acceptés par l’établissement, notamment via l’espace client ou par courrier. Un envoi permettant de conserver une preuve de la démarche est utile lorsque le calendrier du rachat est serré.
Pour les offres françaises émises à partir de juillet 2016, la banque doit informer gratuitement et sans tarder l’emprunteur des conséquences financières du remboursement anticipé, après réception d’une demande écrite. Pour les offres plus anciennes, des règles de facturation différentes peuvent s’appliquer.
Il est conseillé de demander un décompte établi pour une date précise, idéalement cohérente avec le calendrier envisagé pour le nouveau financement. Le montant dû peut évoluer entre deux dates du fait des remboursements effectués et des intérêts courus.
Le contrôle du document peut se faire en rapprochant chaque poste du contrat et du tableau d’amortissement :
- Comparez le capital restant dû indiqué avec le solde prévu dans votre échéancier à la date concernée.
- Identifiez la période sur laquelle les intérêts courus sont calculés.
- Vérifiez l’existence et le montant des indemnités de remboursement anticipé.
- Demandez des précisions sur tout frais supplémentaire dont l’origine contractuelle n’apparaît pas clairement.
Ce contrôle est particulièrement utile lorsque la date du remboursement ne correspond pas à une échéance mensuelle ordinaire ou lorsque le prêt comporte des modalités spécifiques.
Le décompte présente un intérêt stratégique pour la négociation. Il remplace les estimations approximatives du capital et des pénalités par des informations issues de la banque prêteuse. Les établissements concurrents peuvent ainsi construire leur proposition sur une base financière plus fiable.
Le document doit néanmoins être actualisé si la date effective du rachat change sensiblement. Un montant valable pour une échéance donnée ne peut pas être réutilisé sans vérification pour un remboursement ultérieur.
Ce document constitue le point de départ d’un chiffrage précis. Il doit ensuite être complété par les frais de nouvelle garantie, les conditions d’assurance et les dépenses propres au nouvel établissement.
Pourquoi un taux réduit ne suffit pas à rendre une nouvelle offre avantageuse ?
Un taux immobilier inférieur ne garantit pas qu’une nouvelle offre soit avantageuse, car il ne représente qu’une partie du coût du financement. Les indemnités, l’assurance, les frais de garantie et la durée de remboursement peuvent annuler les économies d’intérêts. La décision doit reposer sur le coût futur complet des deux scénarios, et non sur le seul taux nominal.
Le taux nominal détermine les intérêts du prêt, mais il n’intègre pas à lui seul l’ensemble des dépenses supportées par l’emprunteur. Le taux annuel effectif global, ou TAEG, offre une mesure plus large du coût du nouveau financement selon les règles de calcul applicables.
Il faut cependant rester attentif au périmètre de la comparaison. Le TAEG du nouveau prêt ne suffit pas nécessairement à représenter tous les coûts liés à la sortie de l’ancien crédit. Les indemnités et certains frais de transition doivent être pris en compte dans une analyse distincte de l’opération globale.
La durée est le second piège majeur. Un taux plus faible associé à une période de remboursement plus longue peut réduire la mensualité sans diminuer le total des intérêts payés.
Considérez, à titre purement hypothétique, un propriétaire qui choisit entre conserver une durée résiduelle de dix ans et repartir sur quinze ans avec un taux inférieur. Même si la nouvelle mensualité est plus accessible, le maintien d’un capital emprunté pendant cinq années supplémentaires peut conduire à payer davantage d’intérêts cumulés. Seuls les échéanciers complets permettent de déterminer le résultat.
L’assurance emprunteur peut également modifier l’équation. Une couverture calculée selon des modalités différentes, un changement de tarif ou des garanties supplémentaires peuvent réduire le bénéfice obtenu sur les intérêts.
Pour lire une offre avec méthode, relevez le taux nominal, le TAEG, le taux annuel effectif d’assurance ou TAEA lorsqu’il est communiqué, le coût total de l’assurance et la durée exacte du financement. Comparez ensuite les dépenses futures de l’ancien prêt aux dépenses futures du nouveau.
Le coût total indiqué lors de la souscription initiale de l’ancien crédit n’est pas un bon comparateur : une partie de ces dépenses a déjà été réglée et ne peut plus être économisée.
Un financement moins cher doit produire un avantage mesurable au regard des dépenses encore évitables. Une mensualité allégée peut répondre à un besoin de trésorerie, mais cet objectif doit être clairement distingué d’une réduction du coût total.
À retenir avant de négocier
- La meilleure offre se juge sur le coût futur complet, et non sur un écart de taux présenté isolément.
- La durée, les conditions de remboursement anticipé et les garanties doivent être comparées sur une base homogène.
- Une économie d’assurance ou de frais bancaires peut parfois améliorer le financement sans nécessiter de rachat externe.
Quelles conditions de financement négocier pour améliorer un crédit immobilier existant ?
Pour améliorer un crédit immobilier existant, négociez le taux d’intérêt, mais aussi les frais de dossier, les conditions de remboursement anticipé, la modularité des échéances et l’assurance emprunteur. Une offre avantageuse associe une réduction mesurable du coût futur à des conditions adaptées à votre situation. Chaque engagement obtenu doit être formalisé dans les documents contractuels.
Le taux reste un levier central, mais les frais directement négociables peuvent influencer la rentabilité. Une réduction ou une suppression des frais de dossier peut diminuer immédiatement le coût du rachat. La banque peut également être interrogée sur les modalités de remboursement anticipé partiel et les éventuelles pénalités associées.
La modularité mérite une attention particulière pour les emprunteurs dont les revenus peuvent évoluer. La possibilité d’augmenter ou de diminuer les mensualités, de reporter certaines échéances ou de modifier la durée dépend des clauses contractuelles. Ces options peuvent avoir des conséquences sur le coût final du prêt.
La transférabilité éventuelle du crédit constitue un autre élément à examiner pour un propriétaire envisageant un futur changement de logement. Il ne faut toutefois pas présumer qu’une telle option existe ou qu’elle sera acceptée par un nouvel établissement.
L’assurance emprunteur doit faire l’objet d’une comparaison autonome. En France, un changement d’assurance peut être demandé à tout moment, sous réserve notamment de l’équivalence des garanties. Cette possibilité peut apporter une économie sans modifier le prêt lui-même.
Pour négocier efficacement, préparez un dossier présentant votre situation financière actuelle, votre historique de paiement, le capital restant dû et les propositions concurrentes. Des justificatifs de revenus, des relevés bancaires et le tableau d’amortissement permettront aux établissements d’apprécier votre profil.
Le résultat de la négociation doit être vérifiable. Faites préciser par écrit les taux, les frais, les garanties, les conditions de remboursement anticipé et les possibilités de modulation. Une promesse orale de souplesse ou de gratuité ne remplace pas une clause contractuelle.
La démarche la plus utile consiste à demander une proposition écrite à votre banque actuelle, puis à la confronter à une offre externe chiffrée. Si le gain net est suffisant au regard des coûts et de vos objectifs, le rachat peut être envisagé. Dans le cas contraire, une renégociation ciblée ou un changement d’assurance peut constituer une solution plus pertinente.
Un rachat immobilier est-il rentable avec seulement quelques années de crédit restantes ?
Il peut l’être, mais les intérêts restant à économiser sont généralement plus faibles en fin de remboursement. Il faut comparer les intérêts et cotisations d’assurance encore dus aux dépenses du nouveau financement, indemnités et garanties comprises. Une durée résiduelle courte impose une vérification particulièrement rigoureuse du gain net.
Peut-on faire racheter son crédit immobilier sans changer de domiciliation bancaire ?
La domiciliation des revenus dépend des conditions proposées et des engagements éventuellement négociés. Un rachat par un nouvel établissement n’implique pas nécessairement le transfert de tous les services bancaires. Il convient de demander quelles contreparties sont prévues et de vérifier leur formulation contractuelle.
Faut-il financer les frais du rachat avec son épargne ou les intégrer au nouveau prêt ?
Les deux solutions peuvent être étudiées selon les possibilités de financement. Régler les frais immédiatement mobilise de la trésorerie, tandis que leur intégration au capital emprunté augmente le montant financé et peut générer des intérêts supplémentaires. La comparaison doit intégrer ces effets ainsi que le besoin de conserver une épargne disponible.
Peut-on changer uniquement d’assurance emprunteur sans faire racheter son crédit ?
Oui, en France, le changement d’assurance emprunteur est possible à tout moment, à condition notamment que le nouveau contrat respecte l’équivalence des garanties exigées. Cette opération peut réduire le coût du financement sans entraîner les frais d’un rachat bancaire. Les économies doivent être calculées sur les cotisations futures et en tenant compte des garanties réellement proposées.
Que faire si la banque actuelle refuse de renégocier le crédit immobilier ?
Le refus d’une renégociation interne n’empêche pas de solliciter des établissements concurrents. L’emprunteur peut demander son décompte de remboursement anticipé, obtenir des propositions de rachat et calculer leur rentabilité. Si aucune offre ne procure de gain suffisant, il peut conserver son crédit et étudier séparément les économies possibles sur l’assurance emprunteur.